Tuesday, 30 August 2005

Prix de l’essence, prix du brut

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On constate tous que la hausse du baril de brut a un impact sur la hausse du prix de l’essence à la pompe. Mais dans quelle mesure ? Quel impact ont les taxes, le transport, le raffinage, la cotation de l’euro … ? Et quand le baril sera à 100$, combien cela coûtera de faire un plein ?

Pour le savoir, votre serviteur a pris sa calculette, et s’est fortement inspiré pour les chiffres d’un document très bien fait du ministère de l’industrie.

Le résultat est téléchargeable ici.

On y apprend donc les choses suivantes :
_ la combinaison 70$/baril et 1.22$/€ donne un sans plomb 98 à 1.25 €, c’est la situation actuelle
_ si le baril montait à 100 $, ce qui n’est désormais plus exclu par les analystes, le SP98 approche les 1.5 €
_ plus généralement, à euro constant, 10 $ de plus sur le baril, c’est 7 c€ de plus à la pompe
_ de même, chaque fois que l’euro perd 0.01 point face au dollar, c’est 4 c€ de plus à la pompe (et 0.01 point, c’est peu ).

A la lumière de l’actualité en cours, on peut également en tirer la conclusion suivante : baisser les taxes sur l’essence, c’est retarder de quelques mois la hausse des prix à la pompe tout en amputant les recettes de l’état. Bref, c’est du populisme de bas étage digne de Laurent Fabius, qui commence son “ancrage à gauche” (cf leMonde) en voulant ainsi vider les caisses. A gauche vous dites ?

Aveuglement

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Pétrole et puissance (éditorial du Figaro d’aujourd’hui)

A 70 dollars, le baril d’or noir coûte deux fois plus cher qu’il y a un an. En dollar constant, son prix [..] reste inférieur aux 90 dollars enregistrés après la révolution iranienne de 1979.

Sauf que notre crise est inédite par sa durée, sa régularité, et surtout son absence de cause géopolitique majeure. Pour expliquer les prix actuels, on accuse tour à tour des ouragans, la consommation chinoise, les capacités de raffinages, des grèves, et parfois l’Irak ou l’Iran. Si la géopolitique joue un rôle, il y a bien des problèmes de capacité.

Mais comme toujours lorsqu’il s’agit d’or noir, des éléments irrationnels viennent brouiller l’analyse. La flambée du pétrole ravive ainsi les craintes d’un épuisement accéléré des ressources de la planète. Vieille chanson ! Au milieu du XIXe siècle, une baisse soudaine des rendements de la pêche à la baleine en Atlantique Nord avait fait craindre une pénurie d’huile de lampe et de cire à bougie : le monde serait bientôt condamné à vivre dans le noir…

... et comme on le sait, les stocks de baleine ont effectivement diminué et ont conduit au moratoire actuel. Grâce à l’électricité le monde n’est pas dans le noir, mais il serait impossible de revenir à l’huile de lampe …

Et que dire de la «fin du pétrole», annoncée dans les années soixante-dix comme une certitude pour le tournant du XXIe siècle ? Ces craintes sont largement exagérées.

Les analystes des années 70 se sont trompés sur deux tableaux :
1°) ils n’ont pas vu arriver l’amélioration de l’efficacité énergétique, et le ralentissement de consommation de brut que ca a entrainé
2°) ils oubliaient que la crise interviendrait au moment du pic de production, et non lors de la “fin du pétrole”.

A partir de là, comparer ces prévisions des années 70 et celles d’aujourd’hui, c’est un peu comme tenter d’expliquer les images du télescope Hubble avec les connaissances de Copernic.

Ce «troisième choc pétrolier» est d’ailleurs moins violent que les précédents. D’abord parce que les économies développées sont moins dépendantes du pétrole : l’or noir ne représente plus que 40,5% de la consommation d’énergie des pays de l’OCDE, contre 53% en 1973. Ensuite parce qu’en l’espace d’une génération, nous avons appris à produire deux fois plus avec la même quantité d’énergie.

Donc si on suit le raisonnement implacable de cet éditorialiste en pleine forme, on consomme moins de pétrole et on produit deux fois plus. Cela signifie qu’aujourd’hui, chaque baril qui manquera aura un impact au moins deux fois plus important sur l’économie qu’en 1973. Pas très rassurant Le Figaro …

Enfin parce que les technologies qui nous permettront un jour de nous passer en partie des énergies fossiles progressent et pourraient être mûres avant que la dernière goutte de pétrole ne soit épuisée.

Le problème, cher Nicolas Barré, c’est que
1°) Comme on le voit aujourd’hui, les problèmes débarquent bien avant que la dernière goutte de pétrole ne soit épuisée …
2°) Même si les technologies progressent, on a toujours pas le début d’une idée pour faire voler l’A380 à l’électricité ...

Mais ces facteurs, (..) n’ont pas diminué fondamentalement l’importance de l’or noir dans les rapports de force mondiaux. On assiste même à une convergence d’analyse frappante entre les Etats-Unis et la Chine qui ont fait de la sécurité énergétique une composante centrale de leur stratégie de puissance. (..)

Donc deux superpuissances ont compris l’enjeu et n’en font pas le secret … et c’est l’éditorialiste qui n’a rien compris qui cite ce fait. Cherchez l’erreur …

L’Europe, par contraste, (..) ne perçoit pas l’enjeu avec le même sens de l’urgence. Si ce «troisième choc pétrolier» pouvait la réveiller, on pourra dire qu’il n’aura pas été inutile.

Donc “il ne faut pas s’inquieter”, mais “il faut se réveiller” quand même. Je ne sais pas si les lecteurs du Figaro ont un cerveau, mais si ils en ont un cet éditorial risque de les laisser sur leur faim …

Monday, 29 August 2005

Les courses à vélo, c’est pour les feignasses

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A force de m’entendre crier “la voiture, c’est mal, ca pue et et ca n’a pas d’avenir”, et puisqu’il faut être mettre ses gestes en accord avec ses idées, j’ai fait l’expérience du supermarché à vélo.

Hérésie suprème, je le concède, c’est mal d’aller faire ses courses au supermarché. Les produits viennent de loin (donc sont drogués au pétrole), les prix et les marges sont des insultes aux producteurs, et plus généralement c’est mal de participer au succès d’un établissement calibré sur le mode “banlieue-parking-grand coffre”, surtout sans coffre.

Mais parce que changer UNE habitude, c’est déjà un progrès, il fallait essayer. J’ai essayé, et c’est pour les feignasses.

Pourquoi ?

C’est simple : lors du passage en caisse, vous mettez directement vos courses dans les sacoches de vélo (économisant du même coup plein de sacs plastiques). Et les sacoches, elle ne quitteront le vélo que… devant le frigo (surtout quand vous avez la chance d’habiter au rez de chaussée). En gros, la partie la plus chiante des courses qui consiste à faire le trajet voiture->maison en portant les courses n’existe plus. Le vélo sert à la fois de moyen de transport ET de caddie perso.

Si en plus votre supermarché est en haut d’une côte, plus les courses sont grosses et plus vous rentrez vite. C’est vraiment pour les feignasses.

Quid de la capacité ? Pour mon caddie perso (je prend des produits plutôt chers, genre bio & équitables), j’estime pouvoir caser environ 80 euros de courses dans les sacoches, en laissant de la place sur le porte bagage pour un gros truc. Bon, pour les packs de boisson j’irai toujours à pied à la boutique du coin, mais pour le reste je vous le dis franchement : c’est une affaire de mollet mou.

Et puis faut dire qu’à 70$ le baril, l’essence consommée pour aller faire les courses commence sérieusement à devenir pas-du-tout-négligeable sur le prix des courses …

Wednesday, 17 August 2005

Ah ben quand même …

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Depuis le temps qu’on rit au nez de Mr Cochet lorsqu’il parle de l’épuisement du pétrole à l’assemblée nationale, on avait fini par croire que l’UMP rangeait la crise pétrolière dans la catégorie des lubies d’écolos.

Et puis hier, ...
« Le pétrole est une ressource épuisable qui va se faire de plus en plus rare.»
Dominique de Villepin, Premier ministre

Mieux vaut tard que jamais me direz vous. Libé en profite pour tirer une série d’articles sur le sujet :

Les énigmes d’un choc rampant
parle des causes du choc et termine sur un “vive la crise pétrolière” particulièrement appréciable :)

Des réponses bien timides parle des pistes de solutions – et fait notamment intervenir Jean-Marc Jancovici de Manicore

D’autres articles ici, et encore .

Je termine sur une citation:
Un rapport de l’ONG Earth Policy Institute estime que lorsque la Chine rattrapera le niveau de vie des Etats-Unis, elle consommera 99 millions de barils par jour, alors que la production actuelle tourne autour de 80 millions.

Mieux vaux tard que jamais, certes, mais ‘tain qu’est ce qu’il est tard !!

Tuesday, 16 August 2005

Le vélo dans les trains

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Petit précis de vélotrain suite à expèrience personnelle à l’usage de ceux qui ont l’intention de prendre leur vélo dans le train

  • En TGV tu ne voyagera pas, ou presque, car il t’en coûtera 10 euros par trajet quelque soit le trajet. Pour traverser la France, passe encore, pour le reste c’est à oublier.
  • Aux petites icônes tu te fiera : les TER acceptant les vélos sont indiqués sur les horaires par de petits vélos. En dehors de ces zones balisées, point de salut !
  • L’acceuil de la gare tu oubliera : en dehors de l’info “ce train accepte les vélos”, ils ne savent rien (exemple : “où faut il se placer sur le quai ?”)
  • A l’arrivée du train tu courera : pour repérer l’endroit où on doit monter les vélos. Dans les TER modernes c’est indiqué par un grand vélo à coté de la porte, dans les vieux corail c’est un vieux wagon en queue de train ou rien n’est indiqué.
  • Ami ami avec les autres cyclistes tu fera : quand on a 2 minutes d’arrêt pour monter 4 vélos, en descendre 6, et monter/descendre les bagages des cyclistes, un peu d’organisation préalable et de solidarité est vite indispensable (vous allez au même endroit que nous ? Ok, on met nos vélos du même coté).
  • Les nouveaux TER tu remerciera : franchement, c’est pas mal foutu du tout : on accroche son vélo à des crochets au plafond (4 par wagon vélo, mais on peut en intercaler d’autres) et on s’assied derrière une vitre (ce qui permet de surveiller les vélos). Les seuls problèmes peuvent venir du trop grand nombre de vélos.
  • Les correspondances rapides tu oubliera : descendre son vélo, descendre ses bagages, remettre les bagages sur le vélo, changer de quai (escaliers….), re-enlever les bagages, ... tout ca prend du temps, et en comptant le retard éventuel du premier train 15 minutes me parait juste juste juste…

Au final c’est un peu galère, mais ca passe, et dans les nouveaux TER ca passe encore mieux. L’idéal serait de pouvoir réserver sa place pour que la SNCF prévoit le bon nombre de wagons vélo.
Allez, 6/10 quand même, avec une mention “peut mieux faire, la preuve c’est qu’il le fait de mieux en mieux”.

65, 66, … et Hollande glisse

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Pétrole: le baril de Brent bat un nouveau record à Londres

On se perd désormais en explications pour justifier la hausse du prix du baril. Crise en Iran ? Mort du roi Fahd ? Menace du président Chavez ? Insuffisance des capacités de raffinage ?

Probablement un mélange de tout ca, mais bizarement chaque crise vient placer la barre un peu plus haut, confirmant une tendance qui est avant tout structurelle.

François Hollande demande au gouvernement “un geste exceptionnel” sur les prix du carburant

Comme le remarque également le blog anti-voitures, Francois Hollande a choisi ce moment pour en balancer une bien belle : l’appel à la baisse des taxes sur l’essence. Alors, joignons nous à lui :

“Oh oui, la taxe sur l’essence baissons !
Troquons des recettes publiques supplémentaires
Contre des automobilistes socialistes supplémentaires !

Et bientôt, quand taxe ou pas faudra payer 2.5 euros le litre
Les caisses seront vides, les routes seront pleines
Et roule, roule, roule, roule, mais surtout paye, paye, paye

Alors merci à ceux qui savent anticiper le futur
Et qui veulent accorder un sursis hors de prix à la voiture
Moi je dis “vivement l’essence à deux cinquante, l’air pur en plus en le bruit en moins”.

Monday, 1 August 2005

Fahd est mort, et ce n’est pas une info people

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Le Monde – Le roi Fahd d’Arabie Saoudite est mort

Avec cet évènement s’ouvre une période qui constitue une croisée des chemins dans tous les scénarios de la crise du pétrole à venir. A une époque où la moindre grève au Nigéria, au Vénezuela ou en Norvège provoque une flambée des cours du brut, on a du mal à imaginer l’ampleur que pourrait avoir une crise de régime dans le premier producteur mondial Google MapsGoogle Earth.

Les conséquences sont simples à comprendre : aujourd’hui, rien ne pourrait remplacer le pétrole saoudien. Yves Cochet l’a d’ailleurs bien compris en écrivant ici :

Parmi les passages sinueux de cet avenir, il en est un obligé :
le changement de régime en Arabie saoudite. Brièvement : le roi Fahd n’en
finit pas de ne pas mourir. Bien que le prince Abdallah tente de lutter contre
le terrorisme, les services de sécurité censés traquer Al Qaïda sont
massivement infiltrés par les sympathisants de Ben Laden. Le ministre
saoudien du pétrole, Ali al-Naïmi, prétend que l’Arabie saoudite a les
moyens d’augmenter sa production. Mais Matt Simmons, patron de la plus
habile des compagnies d’investissement en énergie, affirme au contraire :
« The Saudis are out of capacity ». Qui croire ? En tout cas, qu’un
événement violent conduise à la baisse brutale des exportations
saoudiennes, c’est le monde entier qui souffrira de pénurie et les cours
s’envoleront. L’Empire vacillerait tandis que Ben Laden arriverait pour
régner sur sa terre natale et contrôler enfin les robinets exportateurs de
brut.

En tout cas, les marchés ne s’y trompent pas : Le cours du pétrole monte après l’annonce de la mort du roi Fahd (Reuters).

Au final, si la crise est peu probable, ses conséquences seraient tellement radicales que sa simple évocation suffit à faire flamber les cours une fois de plus. Dans les mois qui suivent, la partie va se jouer en Arabie Saoudite, en espérant que Ben Laden ne s’incruste pas dans le jeu …

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